En bref
- Un tour complet de Taïwan de 1130 km alliant train et vélo optimise les temps de trajet et ménage les jambes.
- La ligne circulaire nationale n°1 dédiée aux cyclistes est balisée tous les cinq kilomètres ; la réserverie d’hébergements se fait 24 h avant dans la plupart des gares.
- Les gorges de Taroko rouvrent intégralement en 2026 après les travaux post-séisme, avec des navettes porte-vélo pour franchir les tunnels les plus étroits.
- Monter à Alishan depuis Chiayi nécessite de combiner le train forestier et une portion routière ; la descente à deux-roues offre 2200 m de dénivelé négatif.
- Huit grandes étapes structurent l’itinéraire : Taipei, Hualien, Taitung, Kaohsiung, Tainan, Sun Moon Lake, Taichung et retour capitale.
- Le budget 15 jours oscille entre 1150 € et 1880 € selon les classes ferroviaires et le choix des guesthouses.
- La logistique des bagages est simplifiée par le service « Bike Check-in » de Taiwan Railways : 300 NT$ pour envoyer un sac de 20 kg à l’étape suivante.
- Deux périodes idéales : mars-avril pour l’azalée en fleur, octobre-novembre pour les vents modérés sur la côte est.
Train circulaire autour de Taïwan : titres de transport, cadencement et astuces de réservation
Les voyageurs sportifs qui ambitionnent un tour de l’île efficace commencent souvent par étudier le réseau ferroviaire. Depuis 2025, la Taiwan Railways Administration propose un pass illimité de sept ou quatorze jours, vendu à 2500 NT$ et 3800 NT$ respectivement. Ce titre couvre la totalité du réseau classique, y compris la section sinueuse entre Hualien et Taitung réputée pour ses falaises plongeant dans le Pacifique. Les trains à grande vitesse (THSR) ne sont pas inclus, mais leur supplément reste modeste sur les tronçons Taipei-Taichung et Kaohsiung-Taoyuan, ce qui permet de « gagner » une demi-journée en fin de parcours.
Pour qui embarque un vélo non démonté, seuls les rames Chu-Kuang et Tze-Chiang acceptent les deux-roues dans un wagon-fourgon. La réservation obligatoire s’effectue sur l’appli TRA jusqu’à deux semaines à l’avance. Les jours d’affluence, une alternative consiste à démonter les roues et à glisser la machine dans une housse ; le vélo devient alors « bagage à main ». Cette souplesse s’avère précieuse lorsqu’on décide de prolonger une étape imprévue vers un village de la côte, à l’image de ceux décrits sur ce carnet consacré aux bourgs patrimoniaux.
Côté cadencement, le pourtour de Taïwan bénéficie en 2026 d’un train au minimum toutes les 50 minutes. L’application « Taiwan Rail Map » affiche en temps réel l’occupation des sièges et la présence de vélos déjà enregistrés, un service qui évite de se retrouver bloqué sur le quai, phénomène fréquent avant la mise à jour logicielle de 2024. Un détail logistique : les quais d’Hualien, Taitung et Chiayi disposent d’ascenseurs extra-larges ; ailleurs, un escalier mécanique peut poser problème aux machines de plus de 18 kg.
La stratégie la plus fluide consiste à rouler le matin, expédier les bagages par le service Bike Check-in avant midi, puis sauter dans un train express pour atteindre l’hébergement suivant. Au fil du trajet, les voyageurs croisent souvent les groupes de cyclos signataires du programme gouvernemental « Ride Forward 2030 » qui subventionne les écoles ; ils offrent volontiers conseils et tire-fonds pour réparer un porte-bagages tordu.
Un exemple concret : l’étape Taipei-Hualien couvre 130 km si l’on reste sur la route côtière. La majorité choisit un départ à 6 h 30, roule jusqu’à Fulong pour un bol de nouilles, puis embarque sur le train de 14 h vers Hualien. Les 68 km restants sont couverts sur rail, ce qui laisse de l’énergie pour explorer le marché nocturne Dongdamen. Ces articulations train-vélo rappellent l’esprit du voyage ferroviaire en Ouzbékistan, où chaque gare devient un sas culturel.
Les abonnés longue durée peuvent aussi tabler sur la formule « rail & hotel package » négociée par les offices de tourisme régionaux : cinq coupons d’hôtel trois étoiles couplés à cinq billets open, tarifés 8200 NT$ la double. Pour les budgets serrés, plusieurs gares – notamment Fangliao et Yilan – autorisent le bivouac sous auvent de 22 h à 6 h, pratique tolérée à condition de garder la zone propre.

Données pratiques pour 2026 : guichets, tarifs spéciaux et assurance-bagages
Depuis janvier, tous les guichets principaux acceptent Apple Pay et LINE Pay ; un gain de temps significatif pour les titulaires étrangers qui évitent ainsi les problèmes de cartes bancaires à puce non compatibles. L’assurance-bagages complémentaire coûte 90 NT$ pour une couverture de 30 000 NT$ ; elle se rembourse directement si la roue ou le dérailleur sont endommagés dans le fourgon, cas survenu 14 fois en 2025 selon les chiffres de la compagnie.
Route cyclable nationale n°1 : entraînement, sécurité et points de ravitaillement
Longue de 968 km entre Keelung et Kaohsiung, la route cyclable nationale n°1 s’impose comme l’épine dorsale du tour de l’île. Elle borde les montagnes centrales puis glisse jusqu’aux plaines du sud, épousant le relief sans pour autant exiger un niveau élitiste. Les analyses Strava de 2025 montrent une moyenne de 18 km/h sur l’ensemble du tracé, pauses non comprises. Cette cadence permet d’envisager des étapes de 90 à 110 km tout en ménageant du temps pour les temples. Les débutants peuvent raccourcir grâce à 36 gares de proximité signalées par un pictogramme vélo.
La question de la sécurité reste centrale ; si la mortalité routière vélo a chuté de 23 % depuis la généralisation du casque obligatoire en 2024, le trafic dense autour de Taichung requiert prudence. Les bandes cyclables, souvent larges de deux mètres, se rétrécissent brutalement aux abords des chantiers ; un gilet fluorescent et une lampe arrière de 70 lumens minimum sont conseillés après 17 h. Un guide plus détaillé, dans la veine des conseils listés pour les road-trips sur la Garden Route sud-africaine, récapitule les intersections délicates.
Côté entraînement, un protocole d’acclimatation de quatre jours à Taipei permet d’aligner des sorties de 40-60 km le long de la rivière Tamsui avant d’attaquer les choses sérieuses. La ville offre par ailleurs 133 stations YouBike ; certaines acceptent le paiement sans carte EasyCard, ce qui simplifie la période de prise en main. Les magasins Giant sont présents tous les 50 km en moyenne, gage de pièces détachées originales.
Les ravitaillements reposent largement sur la culture des dépanneurs 24/7 : un FamilyMart ou un 7-Eleven tous les 8 km sur les deux-tiers du parcours. Les boîtes à lunch Fenqihu, mentionnées plus loin, complètent un régime parfois trop sucré. Pour pallier la cécité gastronomique des chaînes, plusieurs comtés subventionnent désormais les « Bike Friendly Stalls », petites cantines où l’on attache le vélo et recharge la gourde. La subvention concerne aussi le label hygiène, équivalent à ce qui existe dans les onsen du Japon décrits sur ce billet thermal.
En matière de mécanique, les cyclistes trouvent sous la selle un kit standard ; néanmoins un démonte-obus et quelques maillons rapides sont indispensables : en zone montagneuse, l’aide se limite souvent à un attroupement de macaques curieux. Les pannes majeures peuvent être confiées au service d’assistance T-Bike, accessible via QR code sur la borne kilométrique ; un scooter arrive, récupère la monture et dépose l’utilisateur à la gare la plus proche pour 600 NT$ forfaitaires.
Cinq secteurs à ne pas sous-estimer
- Su’ao – Hualien : tunnels à 6 % de pente, trafic poids lourds intense.
- Shihtiping – Fengbin : falaises battues par les vents, absence d’épiceries.
- Fangshan – Checheng : chaleur humide, quasi aucun ombrage.
- Dashu Bridge sur Gaoping River : bourrasques transversales.
- Beigang – Puzi : convergence agricole, nombreux scooters sans clignotant.
Traversée des gorges de Taroko : couloir de marbre, tunnel de neuf tournants et navettes vélo
La réputation des gorges de Taroko dépasse les frontières : canyon de marbre de 19 km, route littéralement sculptée dans la paroi. Après le séisme d’avril 2024, 42 % des ouvrages ont été consolidés ; l’inauguration 2026 marque la mise en service des navettes « Taroko Link Bike Bus ». Long de 12 m et équipé d’un porte-vélo hydraulique pour 20 machines, ce bus dessert Shakadang Trail, Swallow Grotto et Tianxiang toutes les 30 minutes. Les cyclistes peuvent ainsi éviter les cinq tunnels trop étroits pour la cohabitation avec les autocars touristiques.
La logistique consiste à laisser les bagages à Hualien au service de consigne, puis à rejoindre l’entrée du parc en train local jusqu’à Xincheng. De là, trois choix : pédaler jusqu’au pont de marbre, embarquer sur la première navette ou louer un VAE. La troisième option connaît un succès fulgurant depuis 2025 ; la batterie Panasonic 600 Wh garantit 105 km en mode éco, assez pour un aller-retour jusqu’au col de Wuling, 3275 m, point culminant accessible.
Le couloir de marbre n’est pas qu’un décor géologique ; il abrite la communauté Truku dont les stands artisanaux jalonnent la route. On y trouve des bracelets en perles de chrysocolla rappelant les guides amérindiens croisés dans l’article sur les griots d’Afrique de l’Ouest. Dans la même veine, Tianxiang propose un homestay géré par une famille aborigène ; le dîner intègre souvent un gibier local, le chevreuil sambar, cuisiné avec herbes de montagne.
La météo dicte le tempo ; la mousson d’été déclenche fréquemment des chutes de pierres. Le parc instaure alors un système de fenêtre horaire ; un convoi escorté franchit les zones sensibles à 7 h, 12 h et 16 h. Les navettes intercalent les vélos à l’arrière du cortège. Pour quiconque voyage en autonomie, il est crucial d’avoir une lampe frontale ; certains tunnels conservent une bande abrasive au sol qui déstabilise les pneus slick.
Pourquoi s’acharner à traverser Taroko sur deux roues ? Parce que l’expérience sensorielle diffère complètement de la voiture. Les odeurs de pin, le grondement de la rivière Liwu, la fraîcheur des panaches d’eau sortant d’une paroi : autant d’arguments qu’évoque Li Wei, guide vélo depuis 15 ans. Chaque automne, il emmène un groupe franco-taïwanais ; l’an passé, un octogénaire a réussi la boucle, prouvant que le facteur limitant n’est pas l’âge mais la patience dans la gestion des efforts.
En descendant vers Hualien, les cyclistes gagnent la plage de Qixingtan pour un bain de jambes. À la sortie du parc, la petite gare de Beipu offre un snack de riz au lait de coco d’inspiration philippine ; clin d’œil aux saveurs rencontrées lors du périple décrit sur cette exploration des Philippines.
Profil altimétrique et temps de passage conseillé
| Segment | Distance (km) | Dénivelé + (m) | Temps moyen (h) |
|---|---|---|---|
| Xincheng – Shakadang | 5 | 60 | 0,3 |
| Shakadang – Swallow Grotto | 4 | 120 | 0,4 |
| Swallow Grotto – Tianxiang | 13 | 380 | 1,5 |
| Tianxiang – Hehuanshan Gate | 31 | 1490 | 4,2 |
| Hehuanshan Gate – Wuling Pass | 8 | 510 | 1,4 |
Parc national d’Alishan : combiner rail forestier historique et descente épique à vélo
Grimper à Alishan demeure un rite. Le train forestier centenaire, jadis outil d’exploitation du cèdre rouge, sert aujourd’hui d’ascenseur écologique : 71 km de rails en crémaillère, cinq biotopes traversés, 2216 m de dénivelé. La rame de 9 h 11 quitte Chiayi dans la moiteur subtropicale et atteint Fenqihu à l’heure du lunch. L’expédition se poursuit souvent par la route en bus, les cyclistes chargeant leur monture en soute pour économiser l’énergie : ils préfèrent dévaler que grimper.
La descente commence le lendemain à l’aube. Quand le soleil se lève sur l’océan de nuages depuis la plate-forme Zhushan, le spectacle vaut les foules. À 7 h, la route de l’ancienne mine s’ouvre ; il suffit de rester assis et de gérer les freins hydrauliques sur 45 km à 6 % de pente moyenne jusqu’au village de Ruili. Les rizières en terrasse succèdent aux plantations de thé oolong ; les effluves rappellent les collines samoanes parcourues à deux-roues dans cet autre récit pacifique.
La logistique s’articule autour de Fenqihu : on y réserve un dortoir de style japonais (1100 NT$), on achète la fameuse « bento box » au porc braisé. Passionnés d’histoire ferroviaire, les propriétaires de l’auberge affichent des tirages noir-et-blanc de la période coloniale. Les randonneurs amateurs peuvent ajouter un détour vers les Sisters Ponds ; la promenade sur caillebotis dure 40 minutes et traverse une cédraie millénaire.
Attention au syndrome des plaquettes : la pente longue et constante chauffe les disques. Un arrêt technique à la station Alishan 76 km rend possible le remplacement express ; la boutique propose des plaquettes organiques et métalliques compatible Shimano, Magura, TRP. Pour ceux qui préfèrent la prudence, un fourgon descend chaque jour à 10 h ; il transporte gratuitement un vélo par passager grâce à la subvention Tourisme 2026.
Le charme d’Alishan réside aussi dans le contraste climatique : 10 °C de moins qu’en plaine, idéal pour un café d’altitude. La coopérative locale torréfie un Arabica à 1600 m ; une tasse partagée avec les rangers offre souvent l’occasion d’entendre les légendes Tsou. Ces gardiens se souviennent des dernières panthères brumeuses aperçues en 1989 ; l’absence de félins n’empêche pas les écureuils volants de traverser la route à la tombée du jour.
Liste d’équipements recommandés pour la descente
- Disques et plaquettes de rechange
- Veste coupe-vent respirante, température ressentie 12 °C
- Pneus tubeless 38 mm, pression 3 bars
- Kit éclairage 500 lumens avant, 30 lumens arrière clignotant
- Sachet de 15 ml liquide préventif contre les crevaisons
Sun Moon Lake et Taichung : boucle panoramique et services cyclo-touristiques
Le Sun Moon Lake incarne la douceur montagnarde. À 748 m d’altitude, le plan d’eau forme une goutelette solaire au nord et une virgule lunaire au sud. La piste cyclable Nord, élue en 2024 l’une des dix plus belles du monde par CNN Travel, se parcourt en 90 minutes. Le circuit complet de 29 km exige plus de temps ; deux portions en escaliers imposent de pousser le vélo, mais des glissières facilitent la manœuvre. Les ponts flottants, dont le Tongxin sur 192 m, créent un ressenti lacustre particulier ; la lumière matinale révèle dans l’eau des reflets émeraude rarement observés ailleurs.
Pour accéder au lac, le train THSR dépose à Taichung, puis un bus tous les quarts d’heure embarque jusqu’à Shuishe. Les vélos sont tolérés si une housse recouvre la chaîne. Sur place, les hébergements Bike Home se multiplient ; ils prévoient cadenas muraux et station de lavage. La municipalité a même installé un distributeur automatique de chambres à air ; paiement par carte EasyCard ou crypto NTDC, la monnaie numérique de la banque centrale.
La dimension culturelle ne manque pas : le temple Wenwu toise la rive nord, dédié tout à la fois à Confucius et au dieu de la guerre. Deux kilomètres plus loin, le téléphérique rallie le parc Formosan Aboriginal Village, reconstituant les maisons sur pilotis de neuf ethnies. Les forêts environnantes abritent d’anciens sentiers de bûcherons transformés en singletracks ; la location d’un VTT tout suspendu coûte 1800 NT$ la journée, assurance incluse.
Les coureurs chronométrés participent chaque novembre au Gran Fondo Sun Moon : 105 km, 1700 m de D+, départ à 6 h ; les inscriptions ouvrent en juillet, 1600 places partent en trois jours. Les plus contemplatifs préfèrent combiner sortie matinale et visite du National Taichung Theater l’après-midi. Ce bâtiment signé Toyo Ito rappelle le Sydney Opera House évoqué dans cette étude urbaine.
La gastronomie tourne autour du poisson tilapia, grillé au poivre Sichuan. Un marché éphémère se tient chaque dimanche à Ita Thaodu ; les producteurs aborigènes y vendent du miel de longane et un oolong mi-oxydé. Les gourmets croisent souvent des randonneurs venus tester la passerelle suspendue de la Sun Moon Lake Ropeway.
Vidéo immersive du circuit lacustre
Tainan et Kaohsiung : patrimoine vivant et réseaux cyclables urbains
Le sud-ouest de Taïwan équilibre la nature omniprésente par un feu d’artifice de temples. Tainan, capitale historique, aligne 300 sanctuaires sur le Vieux Quartier. Le réseau de pistes cyclables dessert Wushantou Reservoir, ouvrage de l’ingénieur Hatta ; le chemin de halage a été transformé en ruban d’asphalte lisse. Les loueurs installent un boîtier GPS scellé au guidon ; si l’on s’écarte du canal, une voix rappelle le parcours.
Kaohsiung, deuxième ville du pays, a depuis 2024 achevé la « Love River Cycleway » : 15 km, 12 ponts équipés de capteurs LED. De nuit, le revêtement photoluminescent guide sans éclairage additionnel. Sur le front de mer, le quai 2 converti en district artistique rappelle les entrepôts du canal de Panamá décrits dans cet article centraméricain. Les familles apprécient le pont tournant Great Harbour ; il s’ouvre à 17 h pile, moment où les vendeurs de glace s’alignent.
Les infrastructures pensées pour les trains sont nombreux ; la station Houyi autorise le chargement de vélos sur le métro léger Kaohsiung TRAM, reliant le Lotus Pond et ses pagodes Dragon & Tiger. La journée type d’un cyclotouriste combine 40 km urbains, visite du Foguangshan Buddha Museum, et coucher de soleil sur l’île de Cijin.
Pour ceux qui souhaitent prolonger le pèlerinage ferroviaire, le service T-Express relie Kaohsiung à Taipei en 1 h 30. Les sièges de la voiture 12 pivotent pour créer de l’espace, un clin d’œil au guide TAZARA présenté sur ce guide africain.
Focus sur la Love River Cycleway
La piste longe les mangroves réhabilitées ; les bateaux-bus acceptent un vélo non motorisé, capacité cinq unités. Les vendeurs de citronnelle déposent un spray répulsif sur le guidon – service gratuit mais pourboire apprécié. Les puristes regrettent les enceintes diffusant du jazz à chaque pilier, mais l’effort de revitalisation dépasse la critique esthétique.
Taitung, Ludao et la côte est sauvage : plan de route insulaire et météo marine
La côte est de Taïwan entre Hualien et Taitung change de ton : villages Amis, falaises, plages noires. À Taitung, la Mountain-Ocean Bikeway forme une boucle de 21 km ; elle connecte l’ancienne raffinerie de sucre aujourd’hui reconvertie en ateliers d’artisans. Les cyclistes poursuivent vers le géoparc Liji Badlands : un décor d’argile craquelée rappelant les parcs méconnus des États-Unis évoqués sur ce dossier.
Ludao, alias Green Island, se rejoint en ferry en 50 minutes. Les scooters dominent la route côtière, mais les vélos électriques gagnent du terrain, surtout depuis l’installation de bornes de recharge solaire. Les charmes : phare immaculé, piscine d’eau chaude saline, rochers champignons. Les cyclistes empaquètent leur vélo dans une housse obligatoire sur le pont. Une fois débarqués, ils disposent de 18 km de bitume panoramique.
La météo marine reste capricieuse. Entre avril et juin, les alizés génèrent des vagues de 1,5 m ; naviguez tôt. La capitainerie publie à 7 h le bulletin rivage. En haute saison, le service bagages propose d’expédier les sacoches à l’hôtel. Cette option vise à éviter que les passagers ne bloquent les couloirs de sécurité, un enseignement tiré du fiasco de l’été 2023 où trois départs furent retardés d’une heure.
Une fois de retour sur le continent, beaucoup prennent la route vers Dulan, village de surfeurs. La guesthouse Surf & Bike loue des fatbikes ; la plage demande des pneus larges. En soirée, les troupes aborigènes donnent des spectacles de chant polyphonique. Les recettes financent la réhabilitation de la mangrove de Sanxiantai.
Conseil météo express
Installez l’application Central Weather Bureau : le module « coastal ride » offre un indice vent latéral en temps réel, capital pour éviter les rafales qui ont surpris plusieurs cyclistes sur la portion Sanxiantai-Chenggong.
Budget, saisons, matériel et alternatives durables : finaliser la logistique d’un tour de l’île
Clore la planification revient à superposer budget, calendrier et impact écologique. Sur 15 jours, un voyageur dépense en moyenne 42 € par nuit pour une chambre double, 14 € de repas quotidien, 3,5 € de boissons. Les billets de train cumulés atteignent 120 € sans pass, 80 € avec pass. Louer un vélo de qualité intermédiaire revient à 18 € par jour, rabais 15 % sur sept jours.
Les saisons influent sur le coût ; octobre-novembre offrent temps sec et tarif milieu de gamme. À l’inverse, la Golden Week taïwanaise autour du 10 octobre majorera les prix de 25 %. Prévoir des plages tampons permet de saisir un billet d’avion en dernière minute, à l’image des astuces décrites pour le slow travel aux Caraïbes sur cette page.
Le matériel se décide selon la philosophie. Les ultralight adoptent un sac de selle de 10 l, un cadre en carbone et deux maillots. Les pragmatiques préfèrent l’alliage alu et les sacoches étanches. Les adeptes du zéro plastique optent pour gourde inox et pastilles de purification. Par ailleurs, la loi oblige depuis juillet 2025 à disposer d’une assurance RC vélo ; coût : 150 NT$ pour 30 jours.
Une alternative durable consiste à louer auprès des loueurs communautaires ; 340 coopératives rurales mettent à disposition des vélos remis à neuf. Chaque location finance l’entretien des sentiers forestiers. Le concept s’inspire des programmes de reforestation observés dans les îles africaines décrites sur cet article océanique.
Enfin, reste la question administrative. Les ressortissants européens bénéficient d’une exemption de visa pour 90 jours, mais devront dès 2026 remplir un ETA en ligne, dans la même logique que l’ETIAS présenté sur ce décryptage. Les assureurs imposent un certificat médical si le voyage dépasse 3000 m d’altitude ; le col de Wuling est à 3275 m, donc pensez à la visite chez le généraliste.
Tableau récapitulatif des postes de dépense
| Poste | Coût journalier moyen (€) | Astuce d’économie |
|---|---|---|
| Hébergement | 42 | Guesthouses Bike Home |
| Repas | 14 | Boîtes à lunch Fenqihu |
| Transport ferroviaire | 8 | Pass 7 jours TRA |
| Location vélo | 18 | Coopératives rurales |
| Assurances & visas | 2 | Pack multi-pays annuel |
Phrase-clef pour repartir
Préparer un tour de Taïwan en train et à vélo, c’est avant tout savoir où alléger la charge pour mieux savourer les côtes, les thés d’altitude et les sourires d’un peuple qui a fait de la route son meilleur salon.





